Voici un petit topo en réponse à une question sur l'impact écologique de l'imprimerie.
Pour récolter ces infos, j'ai du me renseigner auprès des différents intervenants. Il faut donc un peu nuancer quand les discours de chacun mais c'est indéniable que la récente prise de conscience de la notion de pollution industrielle dans l'imprimerie est une avancée importante.
On oublie assez souvent que l'impression d'un livre ou plus globalement d'un imprimé est avant tout un processus de production. On transforme donc des matières premières en un produit fini qui sera ensuite vendu. L'ensemble de ces transformations peut avoir une influence importante sur l'aspect environnemental et écologique.
Au niveau des imprimeurs, depuis quelques années on a vu apparaître plusieurs démarches pour sensibiliser au respects des normes de retraitements des déchets, déchets que ne manque pas de produire une imprimerie. Parmi ces démarches on peut noter la création du label Imprim'vert, qui recense les imprimeurs qui respectent un cahier des charges précis. il s'agit avant tout d'une démarche volontaire de leur part.
Pour adhérer à Imprim’vert Rhône Alpes, l’imprimeur devra :
- Faire éliminer correctement ses déchets dangereux, à savoir: les fixateurs et révélateurs de films et plaques, les solvants usagés, les boîtes d’encre vides et résidus d’encre, et les chiffons souillés.
- Justifier de cette bonne élimination avec les bordereaux de suivi des déchets industriels ou les factures
- S’engager en signant la charte d’engagement Imprim’vert.
L'imprimeur a la possibilité de faire apparaitre le logo imprim'vert sur toute sa communication.
Côté certification, il faut noter que pour les imprimeurs qui ont la certification ISO 9002 (normalisation des protocoles et des flux de données au sein de l'entreprise), sont dans l'obligation par cette normalisation de mettre en place un retraitement des déchets.
Les imprimeurs peuvent utiliser des encres végétales (à base d'huile végétales et non d'hydrocarbures). Je ne rentrerai pas dans la polémique de savoir si les encres végétale sont moins nocives que les encres à base d'hydrocarbure. Mais il semblerai que ce soit au moins légèrement le cas.
Toujours au momment de l'impression, on peut diminuer la nocivité des produits rejetés par l'utilisation de produits moins polluants. Ainsi le procédé d'impression off-set (une grande partie des ouvrages produits, hors poches et littérature qui sont eux sur machnie Cameron qui utilisent des procédés différents, la typographie) qui est fondé sur un subtil mélange encre-eau. On peut utilisé la technique dite de mouillage sans alcool (pas de solvant).
Ces efforts de la part des fournisseurs, sont souvent bien vu des clients.
Si on imprime un document en couleur par rapport au même document en noir et blanc, il est vrai que l'on va avoir plus de "déchets". Explication : on va être obliger de nettoyer les 4 groupes de la machine (Noir, magenta, cyan et jaune) ou plus si on imprime avec d'avantage de couleur (une encre Argent ou Or par exemple). Alors que pour un travail en noir, il n'y a qu'un seul groupe d'impression à nettoyer.
Après concernant la charge d'encre et notament la quantité d'encre utilisé, il n'y en a pas forcément plus qui est utilisée pour un travail en couleur. Ainsi on parle plutôt de charge d'encrage sur le papier. Pour une même lettre en noire par rapport à une en vert (cyan + jaune), la charge d'encrage sera très similaire. Des procédés informatiques comme le retrait de sous-couleur permettent tout en gardant la même chromie (= couleur) de limiter de manière importante la charge d'encre sur le papier.
Habituellement on considère que sur un papier de couverture (dans le cas des Bragelonne, carte couché une face) le taux d'encrage ne doit pas être supérieur à 280% sinon il y a risque de macule (ça bave et tache les autres pages).
Dernier point, Les photocopieuses ne sont pas particulièrement "écologiques". Celle-ci sont même particulièrement polluante du fait des encres contenues dans les toners et qui sont rarement retraitées.
Au niveau du papier, la production de papier fait partie de ce que l'on appel les industries lourdes. Celles-ci ont pour réputation (très souvent justifiées) d'être très polluantes, du fait de la consommation en énergie et du rejets de produits chimiques divers et variés.
De par les très nombreux type de papier existant, je vais m'attarder plus particulièrement au papier dit bouffant qui sert à de très nombreux roman (grand format et livre de au format de poche). De nombreux producteurs de papiers sont à la norme environnementale PEFC (
www.pefc-france.org) qui prend en compte le respect des forêts dans l'activité économique des différents intervenants (dont les papetiers).
Concernant le papier en question, il est produit principalement à partir de forêt dédiées, à base de peuplier (repousse en 15 ans au lieu des 40 habituelles pour les arbres de type de résineux comme les sapins).
La pâte à papier qui constitue le papier bouffant avec trace de bois est une pâte mécanique (présence de lignine (particules de bois) et peu de chimie ajoutée) qui favorise donc l'environnement car il n'y a un minimum d'agents blanchisseurs qui sont rajoutés. Le fait de choisir le peuplier comme arbre de base pour la pâte, a également l'avantage de donner une teinte assez blanche dès le départ (mais on doit quand même appliquer de la chimie sur ce type de papier). Inconvénient en revanche, la lignine a tendance à faire que le papier jaunis avec le temps (dû à la présence d'acidité). En revanche le papier à l'air d'autant moins transparent qu'il est moins blanc (c'est l'opacité) ce qui favorise le confort de lecture.
Pour le retraitement du papier dit recyclé, on est obligé d'utiliser des agents chimiques pour retiré l'encre de la pâte à papier ce qui n'est pas forcément très écologique chimiquement. En revanche par rapport à la coupe d'arbre c'est là que cela peut-être intéressant. Mais comme nous l'avons vu plus haut, les papetiers utilisent à la fois des types d'arbre mais aussi un processus de fabrication qui tend à être toujours moins polluant. Mais il ne faut pas se leurrer la production de papier restera longtemps une industrie particulièrement polluante.
Evidement ceci est une vue globale est l'on trouvera toujours des entreprises qui respectent mieux les normes que d'autres. Aux clients de veiller à sélectionner un fournisseur qui est respectueux de l'environnement.
Concernant la forêt française, contrairement aux idées reçus, sa superficie à donner en deux siècles et est en augmentation de 35% depuis 1945 (sources Inventaire Forestier National). Le bois utilisé dans la pâte à papier provient pour une grande part des résidus issus de la coupe de bois à destination de meubles mais aussi de forêts dédiés à la production de pâte à papier. Le replantage systématique est devenu une notion de base pour tous les producteurs de la chaîne du bois.
Pour conclure, de nombreuses autres normes existent aux niveau national, européen et même mondial. Il est même très facile de s'y perdre. Cependant lors du choix d'un fournisseur, il est très simple de prendre en compte l'aspect écologique comme un critère par les autres déjà existant (prix, rapidité de réaction...).
De la même manière, il est important lors de la création d'un produit ou d'une gamme de produit de se demander l'implication écologique en plus de celle économique de chacun de ses choix. Par exemple un papier dit sans bois est plus relativement polluant mais d'un autre côté tient mieux dans le temps. Donc si on pense stocker longtemps (2 ou 3 ans) nos livres, il vaut mieux utiliser un papier sans bois qui évitera par exemple de pilonner et réimprimer pour cause de vieillissement prématuré des ouvrages. Evidement j'ai pris un cas extrême.
Voilou c'est tout pour cette fois.