Pour ceux que cela intéresse voici un petit topo rapide l'aspect fabrication (tout ce qui se passe une fois que le texte a été travaillé et corrigé par l'étape éditeur et correcteurs).
Autant dans la plupart des maisons d'édition, on visualise assez bien le service éditorial et les taches qui y sont effectuées (relecture, corrections, travail avec l'auteur), autant cela n'est pas vrai pour tout le travail technique qui est effectué après. C'est souvent le rôle du service fabrication (la fab). Evidement selon la taille de la maison d'édition, le role de fabricant (celui qui s'occupe de la partie technique, qui sera décrite ci-après) sera soit effectué par l'éditeur, soit par une personne dédié, soit par un service regroupant plusieurs personnes. Pour des facilités de description je vais parler de "la fab", les actions décrites peuvent être effectués par une ou plusieurs personnes.
Dans les grandes lignes, la fab se charge du suivi technique des ouvrages une fois que l'éditeur à dit "OK c'est bon pour moi". La fab se charge alors d'envoyer le livre chez l'imprimeur et de vérifier que tout se passe bien pour que 15-20-25 jours plus tard (selon la complexité de l'impression, le tirage et les étapes de validations demandées) on reçoive un zoli livre.
La réalité est un poil plus compliqué :
- Tout d'abord on n'envoi pas un livre à imprimer comme cela en claquant des doigts (malheureusement). Il faut que le livre en question soit mis en page. c'est souvent à la fab ou à la personne en charge de ce rôle, en relation avec l'éditeur de définir quel compositeur (le type qui met le livre en page) va s'occuper de quel livre.
- Le fabricant a un rôle de plannification important que ce soit pour les imprimeurs ou pour les compositeurs (le pré-presse : littéralement tout ce qui est avant l'impression). Evidement c'est un travail en relation avec l'éditeur et le commercial. A partir d'une date de sortie (un office), on définit la remise des différents éléments, ouvrages par ouvrages mais aussi office par office.
On obtient dont quelques chose comme cela :
Office 1 de octobre 2006 :
Départ maquette : entre le 01/09/06 et le 5/09/2006
(date de l'envoi en mise en page)
Départ imprimeur : entre le 11/09/06 et le 12/09/2006
(date de l'envoi des fichiers à l'imprimeur)
Livraison imprimeur le 27/09/2006
(date de livraison demandé à l'imprimeur )
DeadLine Distributeur : 02/10/2006
(date limite à laquelle les livres doivent être livrés dans les entrepôts)
Date office : 19/10/2006
(date à laquelle les ouvrages sont en librairie)
Un planning est défini à l'avance (souvent 1 an à l'avance) qui dit quel livre sera dans quel format, composé par qui (quel metteur en page), imprimé chez qui, sur quel papier et quand il sera livré. Evidement ce planning peut être modifié. Les informations sont cependant figées 3 mois avant la sortie de l'ouvrages pour permettre au diffuseur (aux représentant) de présenter des informations fiables aux libraires, pour leur vendre les ouvrages.
- Le choix de l'imprimeur est défini par des critères de prix (le moins cher...) mais aussi par des critères de machines. Il existe plusieurs matériels différents d'impression qui sont plus ou moins adaptés selon les livres, leurs tirages, leurs formats et la finition désiré. On ne va pas vers les mêmes machines pour un livre en noir et blanc (je parle de l'intérieur) et pour un livre en quadri (4 couleurs). Bien sur ces critères de machines influent sur les prix (la boucle est bouclé )
- Une fois que le livre est mis en page et que l'éditeur a donné son accord, il faut finaliser l'ouvrage pour donner le fichier adéquat à l'imprimeur. En effet aujourd'hui on ne donne quasiment plus à l'imprimeur les fichiers "natif" (Xpress, Indesign, Scribus, FrameMaker ...) qui ont servis à mettre en page le livre. On préfère des fichiers verrouillés (PDF, Postscript) qui ont l'avantage de rester identique (pas bouger toi !) d'une machine à l'autre. Le défaut des fichiers natifs était que des fois il pouvait y avoir une chasse (les lignes ne se terminent plus au même endroit) ce qui posait un problème.
Pour faire des fichiers verrouillés, on passe par ce que l'on appel un protocole. Chaque imprimeur a son propre protocole et sa méthode (faites simple qu'ils disaient...). Il est important que le metteur en page sache pour quel imprimeur il va finaliser le fichier.
- Une maison d'édition travail rarement avec un seul imprimeur. En effet, la diversité des ouvrages, des machines implique d'avoir plusieurs imprimeurs.
- Une fois le fichier finalisé, la fab envoi le fichier à l'imprimeur (avec un bon de commande décrivant le produit fini souhaité).
- Le choix du papier pour un ouvrage est fait au préalable en collaboration entre l'éditeur, le fabricant (la fab), et le gestionnaire de la maison d'édition (pour le prix). Tous les papiers n'ont pas les mêmes qualités ni les mêmes prix). Je vous renvoi sur ce sujet vers le très bon topo fait par Olivier sur ce sujet.
http://www.bragelonne.fr/forum/viewtopic.php?t=2070
Pour la finition et l'impression de la couverture, c'est la même chose.
- L'imprimeur reçoit donc les fichiers, une sortie papier et le descriptif de l'ouvrage désiré (c'est le bon de commande qui raconte tout cela). Il va faire ce que l'on appelait avant un Ozalid et maintenant un Traceur (ou ozalid-traceur). Il s'agit de la représentation imprimante de l'ouvrage tel qu'il apparaitra une fois imprimé. Bien sur il n'est pas façonné : la couverture n'est pas mise et les cahiers ne sont pas attachés entre eux. C'est sur ce traceur que l'on peut voir si le traitement informatique que l'imprimeur a fait subir à nos chers fichiers n'a pas entrainé des défauts (lignes manquantes, caractères coupés...). La fab doit alors comparer page à page entre le traceur et la sortie papier effectué par le metteur en page.
Si tout est conforme on donne alors un BAG (Bon à Graver) qui veut dire que l'on donne son accord pour que l'imprimeur crée les plaques qui serviront à l'impression (pour de l'impression off-set, pour du numérique c'est différent).
On fait cette opération pour l'intérieur et la couverture (aussi pour la jacquette si elle existe).
- Le traceur est la dernière étape de validation, une fois celle-ci lancée, l'imprimeur va lancer le processus d'impression.
- Si l'imprimeur a reçu les éléments (fichiers, bon de commande, sortie papier) dans les temps, il doit alors livré les ouvrages aux endroits définis avec la fab et dans les délais donnés. On donne environs 15-21-25 jours de fabrication pour 2 à 15 000 exemplaires (selon les machines et le type d'ouvrages voulus). La fab donne une dernière validation en verifiant que le livre est bien imprimé et façonné. la validation des factures de l'imprimeur et du metteur en pages marque la fin ou presque du travail de la technique sur l'ouvrage.
La fab se charge d'archiver les fichiers de mise en pages ainsi que les fichiers verouillés. Tout comme c'est souvent la fab qui envoi les ouvrages pour le dépot légal.
Et voilou, bon comme dans tout résumer on peut trouver des nuances et des différences de fonctionnement. Si des choses ne sont pas assez claires, je reste à votre disposition.