Le Forestier a écrit:
Tu dis que nous n'avons pas assez de recul pour apprécier la qualité artistique d'une œuvre... Soit ! Mais pourquoi certains (critiques, journalistes...) parlent-ils d'œuvres d'art immédiatement ? Existerait-il une caste qui aurait le monopole du mot ? Surtout que nombre de journaliste n'a absolument aucune formation et aucune culture artistique (le présentateur TV du journal, auquel on ne manque jamais d'inviter un artiste, ou "artiste"... Donc, si (je te comprend) on ne peux pas abuser du "ce n'est pas de l'art" dans un sens, les débordements dans l'autre sens me semblent encore plus contestables.
Qu'une historienne de l'art tempère et dise "oh, on attendra un peu pour les jugements", c'est légitime et raisonnable, c'est vrai.
Mélusine a écrit:
J'ai l'impression de parler chinois et de répéter la même chose depuis le début 
Et pour revenir sur la musique, puisque c'est là-dessus que j'avais dû quitter la conversation, tes artistes avant-gardistes supposés géniaux et inconnus, ils créent parfois des choses tellement hermétiques que, oui, c'est peut-être bien de l'Art si des personnes de son milieu et des critiques tendent à le faire penser, mais le commun des mortels dont nous faisons partie a toutes les chances de rester dubitatif. À titre d'exemple, écouter
Sequenza de Luciano Berio avec un prof qui s'extasiait de tant de recherches sur "le corps utilisé de manière novatrice en musique" ne m'a rien apporté d'autre que "
Ah, on considère ça comme de l'Art ? Bon, je n'y suis pas du tout sensible, mais pourquoi pas ?" Tout ça pour dire que tu devrais travailler à assouplir tes jugements

D'où la question de la beauté dans l'art. Boulèz, c'est pas "beau" (selon moi, mais je pense que nombreux peuvent être d'accord). C'est pour ca que la beauté, A MON HUMBLE AVIS, n'est pas critère pour définir une œuvre d'art. La subversivité, ca me parle déjà plus.
Au fait, Garnica (ch'ai plus comment ça s'écrit...) est subversif dans le sens, me semble-t-il, où c'était la première œuvre cubique à dénoncer la guerre.
Et puis Avatar, au niveau de la 3D, c'est quand même vraiment vraiment naze. Par contre, la pub Haribo qui est avant déchire !
Furthermore, je suis tout à fait ouvert aux avis de mes ainés que je prend évidement en compte (sinon je n'aurais pas lancé le sujet...). Mais ton argument du recul, s'il est valable à m'opposer est surtout valable à opposer aux journalistes !
Si tu veux commencer à t'attaquer à toutes les bêtises que peuvent sortir des journalistes, on n'a pas fini

Ils te vendent quelque chose, tous, et ça parlera plus au public lambda de dire qu'on accueille un grand artiste sur le plateau même si c'est juste le gagnant d'une énième Star Ac'

Je repensais au fait que ton critère personnel premier pour définir une oeuvre d'art serait la subversivité (Ce qui me semble toujours être un critère soit mais pas du tout le principal, les exemples de Kettch l'illustraient très bien. Passons) et que tu cherchais en littérature. Que classes-tu dans "subversif en littérature" ?
La seule chose qui me soit venue à l'esprit, d'après mes lectures, c'est
Le festin nu de William Burroughs, qui utilise la technique du cut-up
(et pas mal de substance illégales...). Je l'ai lu jusqu'au bout. Disons que je me suis accrochée. Par la technique, il pourrait être novateur, à lire, c'est, de mon point de vue bien évidemment, très indigeste. J'imagine que d'autres auteurs ont partagé ce type d'expérience, mais leurs écrits ne sont pas facilement en présentation en librairie. Il y a aussi eu
La maison des feuilles de Danielewski avec une mise en page des plus étranges et originales mais qui m'a totalement perdue, et j'en garde finalement un mauvais souvenir, bien qu'il ait eu un bon accueil globalement, il me semble.
Tu peux m'objecter la question du recul, c'est vrai, mais dans le sens où tu entends l'Art, j'imagine que si tu ne trouves pas grand-chose qui corresponde à ta définition dans les différentes maisons d'éditions, c'est que les lecteurs n'adhèrent pas ou trop peu. Dans ce cas, les maisons d'édition ne doivent pas trouver suffisamment d'intérêt à publier d'autres ouvrages ou la suite
(Et la suite de L'année de notre guerre, dites ? *Grands yeux de Bambi suppliants*
)