Extrait de : Le Faucon de Minuit



méprisant.
— Tu m’en diras tant ! Mon père ne souhaite pas ma mort. Comme c’est touchant. Il ne m’a jamais adressé la parole de toute ma vie – sauf lorsque j’ai gagné la course de Beltine et qu’il a été forcé de me remettre le prix. « Bravo. » En dix-sept ans, c’est le seul mot que j’ai jamais entendu mon père me dire. Alors pourquoi devrais-je croire aujourd’hui qu’il s’inquiète de mon bien-être ?
— Je ne peux pas parler à sa place. Il m’a juste demandé de te retrouver. Il m’a confié un sac d’or que je dois te donner.
— Un sac d’or ? Quelle bonté ! s’exclama Bane avant de cracher dans le feu.
— C’est effectivement un homme bon, répliqua doucement Parax.
— Attention, vieil homme, le prévint Bane. Je ne suis pas connu pour mes débordements d’indulgence. Ces cinq derniers jours, j’ai déjà tué deux hommes. Un troisième ne viendrait pas entacher ma conscience.
— J’ai cru comprendre qu’ils avaient parlé de ta défunte mère de façon un peu légère et qu’ils t’avaient attaqué après que tu leur eus donné une correction à mains nues. Tu aurais certainement été acquitté dans n’importe quel procès.
— Et ce sac d’or, c’est pour m’aider au procès ?
— Non, admit Parax. C’est pour t’aider une fois que tu auras quitté le territoire rigante. Les hommes que tu as tués étaient des parents du général Fiallach. Il a fait vœu de t’affronter. Le roi ne souhaite pas que l’un de vous deux soit blessé.
Bane éclata une nouvelle fois de rire, mais cette fois le son était plutôt joyeux et plein d’humour.
— Tu veux dire qu’il ne tient pas à ce qu’oncle Fiallach se fasse tuer ?
— Si c’est ce qu’il avait voulu dire, c’est ce que je t’aurais dit, répondit sèchement Parax.
— J’aime la loyauté, déclara Bane. Je n’en ai pas vraiment l’expérience, mais j’aime ça quand même. C’est pour cela que je vais te laisser vivre et que je vais garder le sac d’or. (Sa voix se durcit soudain et une pointe de colère froide y fut perceptible.) Mais je ne vais peut-être pas partir. Je vais peut-être même rester pour aller défier Fiallach. Et je lui trancherai la gorge sous les yeux du roi.
Parax resta un instant sans rien dire.
— J’ai rarement vu autant de colère chez un homme, dit-il finalement au jeune...

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