À l’occasion de sa venue aux Imaginales et de la sortie poche de La Main de L’Empereur, prenons ensemble le temps de revenir sur l’auteur français aux multiples talents !

 

Olivier Gay est né en 1979 à Grenoble. Reconnu par la critique pour ses romans policiers et jeunesse, il n’en est pas moins un grand lecteur de Fantasy et un admirateur inconditionnel de David GemmellG.R.R. Martin et Robert Jordan.
Autrefois consultant en stratégie marketing à Paris, il vit désormais de sa plume dans le Sud. Son premier roman de fantasy, Le Boucher (2012) est nommé au Prix Révélations Futuriales.
En 2015, il publie aux éditions Bragelonne, Les Épées de Glace, suivi par La Main de L’Empereur qui décrive l’enfance, l’ascension et l’épopée de Rekk.

Dans la main d’un empereur, les mortels ne sont que des pions. Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion.
Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables.
Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre.
Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ?

Que dire de ce roman sinon qu’il est inattendu d’un bout à l’autre. Olivier Gayvous emmène exactement là où il veut. Il est de ces auteurs à l’écriture souple, quasi cinématographique (d’où la référence faite plus haut) et extrêmement efficace.
Olivier Gay a définitivement le sens de la mise en scène, préparez-vous à des rebondissements inattendus et à des scènes de combat épiques !
 
Et que dire des personnages, Rekk en particulier, à la fois si brutal, si naïf et en même temps si attachant ! Une intrigue passionnante, une bonne dose d’humour et des personnages aux personnalités complexes, tout ce qu’on aime !Si vous attendiez un rab de magie, passez votre chemin les amis…
Vous entrez dans l’arène ! Vous ne trouverez ici que spectacle, sang et sueur ! Et on en redemande !

Les premiers paragraphes du premier tome de La Main de L’Empereur, ça vous dit ?
— Hé ! Rekk, tu as combien sur toi ?
Le garçon fouilla dans sa poche et fit la grimace en sentant les pièces rouler sous ses doigts.
Oblan se retourna vers le marchand, un sourire factice plaqué sur son visage.
— M’sieur, à combien vous nous faites le bol de ragoût ?
— Je vous ai déjà dit, quatre pièces de cuivre.
— Et les deux pour six ? On n’a rien de plus !
Rekk se désintéressa du marchandage pour regarder les gens qui se pressaient autour d’eux. Ils se trouvaient au croisement entre l’avenue des Poissonniers et la rue de la Harpe. Autant il comprenait bien le premier nom — les étals se disputaient chaque mètre carré de pavé, les commerçants s’invectivaient en vantant la pêche du jour –, autant il n’avait jamais vu la moindre harpe dans la seconde artère.
Ici se trouvait le cœur battant de la Basse-Ville, avec ses marchands ambulants, ses catins fatiguées, ses voleurs en quête d’un mauvais coup, ses spadassins à la recherche d’un employeur et ses fermiers perdus dans la foule, prêts à se faire plumer. Du haut de son mètre quarante, Rekk avait l’impression de nager dans une mer de corps sales et malodorants. Il n’avait jamais aimé les gens.
— Six pièces, et je vous confie un secret sur Gladius pour le combat d’après-demain, continuait Oblan.
— Gladius ? Qui voudrait parier sur Gladius ? Tu penses vraiment que je vais perdre mon temps à aller voir le combat de ce bon à rien ? Je ne comprends même pas qu’il soit encore en vie.
— Il perd, mais il perd avec panache. Il a les faveurs du public. Et justement, le combat de demain sera truqué.
 
Rekk dissimula un sourire derrière sa main. Oblan mentait comme un arracheur de dents. En habitant à la caserne des gladiateurs, les deux enfants tombaient parfois sur des secrets exploitables… mais jamais ils ne les vendraient contre une simple pièce de cuivre, ou même deux bols de ragoût.
— J’écoute, fit lentement le colporteur.
— Les bols d’abord.
— Et qu’est-ce qui me prouve que tu ne vas pas filer dès que tu les auras, chenapan ?
— Quoi, courir avec un bol à la main ? Je risquerais d’en renverser !
C’était au tour de Rekk d’intervenir. Il s’avança, un sourire innocent aux lèvres, le bronze cliquetant au creux de sa main.
— Marché conclu ?
Le regard du marchand passa des pièces aux yeux du jeune garçon. Oblan savait parler avec talent, mais le regard de Rekk faisait toujours la différence. Ses iris noirs pétillaient d’humour et le distinguaient des orphelins qui se bousculaient dans les rues voisines.
L’homme maugréa encore pour la forme, mais ce n’était pas un mauvais bougre. Rekk l’avait vu aider le mendiant qui traînait au pied de la chapelle des Dieux Sans Nom. C’était ce qui avait décidé les deux compères à venir l’aborder. Le garçon tendit la main et le marchand récupéra le bronze au creux de sa paume.
— Comment voulez-vous que je gagne ma vie avec des garnements comme vous ? Allez, prenez vos bols.
— Avec beaucoup de viande s’il vous plaît, intervint Oblan.
— N’exagère pas non plus.
L’homme sortit sa louche et servit les deux garçons, qui le remercièrent avec effusion avant de lui donner le renseignement — faux, bien sûr — et de s’éloigner loin des regards envieux des enfants des rues. La première fois qu’ils avaient acheté quelque chose au marché, ils s’étaient fait dépouiller par une bande de va-nu-pieds dont le chef devait avoir onze ans. Il se faisait appeler Rat, fier de ses talents de survie dans la rue. Rekk trouvait que le surnom convenait surtout à son visage, fin et émacié.

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Le souvenir de leur rencontre était encore marqué au fer rouge dans sa mémoire. Une petite voix dans son esprit lui chuchotait de se venger, de prendre un bâton ou même un couteau et d’aller retrouver les coupables. Mais le murmure de sa mère, Krylla, contribuait toujours à l’apaiser.
— On devrait être tranquilles, fit enfin Oblan en s’adossant à un mur.
— Tu ne veux pas aller plus loin, pour être sûrs ? Nous sommes à deux pas de la Haute-Ville, ils ne nous dérangeront pas là-bas.
— Eux non, mais la milice oui. Tu sais ce qu’ils diront en nous voyant errer dans leurs rues. On n’a pas les bons vêtements, pas les bons parents, pas la bonne tête. Et puis j’ai faim.
Sans attendre de réponse, Oblan se plongea dans son écuelle. Rekk ne tarda pas à l’imiter. Lui aussi était affamé. D’habitude, il mangeait à heures fixes au sein du bordel, des assiettes remplies des restes des gladiateurs. C’était nourrissant, mais ça s’arrêtait là. Il avait fallu qu’il découvre les échoppes du marché pour se rendre compte que manger pouvait aussi être un plaisir.
— Krylla va te tuer, observa Oblan entre deux bouchées. Qu’est-ce que tu devais faire avec cet argent ?
— Lui rapporter un nouveau ruban. Mais ne t’inquiète pas, je trouverai une solution. Au pire, je ferai une tête triste et elle me pardonnera.
— Ça marche quand tu renverses du vin sur la table ou que tu rentres alors qu’elle est avec un client. Mais je ne sais pas si elle sera aussi compréhensive en voyant que tu lui voles de l’argent.
— Je ne le lui vole pas, s’indigna Rekk. Je le lui emprunte. Et puis c’est toi qui as repéré le marchand en premier !
La viande était délicieuse, fondante, avec juste ce qu’il fallait de graisse. Il en avait jusqu’aux oreilles alors qu’il plongeait les mains avec délices pour récupérer les morceaux du fond. Oui, Krylla ne serait pas contente, mais est-ce qu’il n’avait pas mérité un peu de détente, après tout ?
Au pire, il se cacherait dans la caserne le temps que sa colère retombe.
— Quand j’aurai de l’or, je lui achèterai un beau ruban, murmura-t-il comme pour lui-même.
Il connaissait ses goûts et il en avait même aperçu un en se promenant tout à l’heure. Par curiosité, il avait demandé le prix : trois pièces d’argent ! Mais lorsqu’il serait gladiateur, tout changerait. Il rembourserait d’abord ses dettes envers la caserne, puis il deviendrait riche !
Oblan ne répondit rien, trop occupé à manger. Rekk s’abîma dans ses pensées, imaginant un adversaire en face de lui, se demandant s’il aurait le courage de le frapper — de le tuer. Il voulait se convaincre qu’il en était capable, mais rien dans son entraînement ne l’avait préparé à un tel moment.
— Tu verras, avait gentiment dit Shar-Tan en corrigeant sa prise sur le pommeau du sabre. Réfléchis bien avant de suivre mes traces. Ma vie n’est pas rose tous les jours.
Rekk aimait bien le gladiateur, mais parfois il disait n’importe quoi. Qui ne voudrait pas, comme lui, être couvert d’or et d’honneurs ? L’année dernière, pour la première fois, il avait remporté le Cimeterre d’Or.
Et puis il y avait les femmes. À force de vivre dans un bordel, Rekk avait bien compris l’intérêt de la gloire : cela vous dispensait de payer. Shar-Tan pouvait choisir n’importe laquelle des prostituées gratuitement, et la caserne remboursait ses dépenses.
Pour le jeune garçon, c’était là le sommet du pouvoir.
— Les voilà !
Le cri résonna dans l’allée, interrompit ses pensées. Rekk grimaça en levant la tête, sachant déjà ce qu’il allait apercevoir.
Rat venait de tourner au coin de la rue des Potiers, accompagné d’une dizaine de garçons faméliques et de deux filles qui en avaient déjà bien trop vu. Tous avaient l’air mal nourris et, donc, dangereux.
 
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